Et oui, cela fait déjà plus de 4 mois que je me suis offert ma première imprimante 3D en kit. 4 mois de montage, réglages et affinages pour aujourd’hui avoir des pièces de qualité et rentrer dans le monde de la 3D ! 🙂 Je vous donne ici 4 astuces pour bien démarrer dans le monde de l’impression 3D. Cet article concerne principalement les imprimantes 3D de type cartésien. C’est aussi l’occasion pour donner un 3ème axe technologique à mon blog ! 🙂

Astuce n°1 : Un montage minutieux de ton imprimante 3D, tu réaliseras !

Pour ceux qui, comme moi, ont opté pour une imprimante 3D en kit, je vous conseille d’être très minutieux.  Je recommande les imprimantes en kit à bas coût (< 300€) pour débuter dans le monde de l’impression 3D, car ces kits permettent d’aborder le sujet de l’impression 3D par la base : le fonctionnement d’une imprimante 3D. En montant votre imprimante, vous saurez exactement comment elle fonctionne. N’oublions pas qu’une imprimante 3D reste une machine qui possède ses propres tolérances. Il y a les tolérances de bases, données par le constructeur. S’ajoute à cela, les tolérances de montage et d’usure. Une imprimante montée à la va-vite risque d’imprimer des pièces de piètres qualités contrairement à une imprimante montée minutieusement. Le conseil principal ici : prenez bien le temps !

Dagoma DiscoEasy 200 en kit

Dagoma DiscoEasy 200 en kit

Tout d’abords, comptez chaque pièces contenus dans le kit. S’il manque une pièce à l’étape 98, ne venez pas vous plaindre. Etre minutieux passe par un inventaire complet de sa machine. Si il y a besoin de renvoyer le kit, ce sera plus simple dès le début et, surtout, ça évitera un démontage inutile !

Ensuite, suivez chaque étape de montage contentieusement. Souvent, ce sera du montage à la “IKEA”, avec des sous-ensembles à assembler avant le montage final. Ne serrez pas trop les vis au début. Serrez-les uniquement à la fin de chaque étape de montage (sous-ensemble ou montage final).

Et enfin, repérez bien les pièces d’usure de votre machine. Il s’agit, par ordre de priorité, des roulements, des courroies de transmissions, des arbres de transmissions (roues dentées) puis des glissières et axes de transmissions trapézoïdales ou hélicoïdales.

Astuce n°2 : Faire preuve de patience en impression 3D, tu feras !

Les imprimantes 3D en kit ont le défaut de ne pas être immédiatement disponibles à l’emploi. En effet, il vous faudra souvent mettre à jour le firmware de la carte de contrôle et régler l’imprimante. Et cela est une grande affaire de patience ! Le réglage de l’imprimante passe par : le parallélisme, la planéité du plateau et la correction de l’axe Z (appelé communément Z-offset). S’applique ensuite des réglages supplémentaires relatifs au filament utilisé.

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Donc soit patient ! J’ai mis un peu près un mois avant de réaliser des pièces potables avec une répétabilité proche de 100% (impressions consécutives sans erreurs, sans bavures, etc…).

On reviendra plus en détail sur ces réglages lors d’un prochain article.

Pour ce qui est des réglages relatifs au filament utilisé, il y a entre autre la température, mais aussi la rétractation. Pour la température, c’est assez simple. Cette information est généralement donnée par le producteur de bobines. C’est toujours écrit sur la boîte de la bobine et parfois, on retrouve même directement l’information étiquetée sur la bobine. Les températures varient de 190°C à 220°C pour du PLA et 230 à 260°C pour de l’ABS. Il existe également des filaments hybrides (type bois, par exemple) dont la température de fusion est propre à la bobine.

La température de fusion du plastique joue sur la quantité de matière déposée par l’imprimante. Une température trop élevée aura pour conséquence un surplus de matière. L’extrudeur de l’imprimante pousse le fil dans la chambre de fusion à un flux constant. Si la température est trop élevée, il faudra un flux plus élevé de la part de l’extrudeur de fil, car le plastique se déversera plus facilement. Une température trop faible risque de boucher la chambre de fusion et de “faire claquer” l’extrudeur. C’est également mauvais signe. L’avantage avec la température et le flux, c’est que ces réglages sont souvent accessible pendant l’impression d’une pièce si votre imprimante possède un écran ou est raccordée directement à un slicer temps réel (on viendra aux slicers dans un prochain article, promis !).

La belle bobine !

La belle bobine !

Astuce n°3 : Des gabarits et pièces, en 3D, tu imprimeras !

Au début, pour arriver à faire de belles pièces, je conseille d’imprimer des pièces références. Il existes des tonnes de pièces, dites “pièces de calibration” sur les réseaux 3D. Tapez “calibration” sur Thingiverse, et voyez le nombre de pièces à disposition. Je recommande le cube XYZ de 2x2x2cm en taille d’origine qui permet de vérifier les tolérances de votre imprimante en X, Y et Z. En plus c’est rapidement imprimé ! (j’en imprime toujours un avant un gros projet d’impression). Pour tester votre capacité d’impression sans supports, il existe également des pièces présentant différents angles pour avoir une idée de la capacité d’impression pour des angles importants selon votre imprimante et votre filament. D’autres pièces, plus spécifiques (nécessitant une modification du G-code), permettent d’imprimer une pièces avec plusieurs étages de températures, afin de vérifier à quel température votre filament sort le mieux.

Benchy 3D

Benchy 3D

Enfin, il existe des pièces de test d’imprimante, permettant de tester la précision et la capacité d’impression dans le vide de votre imprimante (phénomène de déplacement rapide et de rétractation contrôlée du fil). Il y a le très connu bateau Benchy bien entendu, mais aussi des pièces plus techniques comme le Test your 3D printer! version 3 de CtrlV.

Test your 3D printer V3 par CtrlV

Test your 3D printer V3 par CtrlV

Astuce n°4 : Les premières couches, toujours, tu vérifieras !

Je mets ici le doigt sur la plus grande erreur des débutants ! Je l’ai commise moi-aussi, à l’époque où j’avais une confiance aveugle dans mes impressions, tellement tout se passait merveilleusement bien ! 😀 Quel erreur ! Ne faites jamais aveuglément confiance à votre imprimante 3D ! Beaucoup se retrouvent après un plat de spaghettis quelques heures après le début de l’impression sans trop comprendre pourquoi ! Dans la grande majorité des cas, les erreurs apparaissent lors des 3 premières couches : pièce qui se décolle, couches pas assez écrasée, pertes de matières par endroits… Donc un conseil pour chaque impression : restez présent pendant les 3 premières couches. Ça peut paraître long pour les pièces de grandes envergures, mais c’est nécessaire, croyez-moi ! Vous y gagnerez beaucoup de temps par la suite. Avec le temps, l’habitude, un bon entretien et les bons accessoires (nous verrons tout ça prochainement ;-)), vous pourrez passer à une vérification de la première couche uniquement.

Relevé de côtes sur cube

Relevé de côtes sur cube

Astuce bonus : les pièces de ton imprimante 3D, tu ré-imprimeras !

Si ton imprimante en kit possède des pièces imprimées en 3D, ou imprimables en 3D, réimprimes-les ! Ça évite de les acheter en pièces détachées si jamais ton imprimante prends un coup ! Plusieurs utilisateurs de l’imprimante 3D que j’utilise ont eu ce soucis. La majorité des pièces étant imprimée en PLA, et le PLA se déformant avec la chaleur… Il suffit que l’imprimante soit exposée au soleil pour que la tension de la courroie suffise à déformer les façades de l’imprimante. Comme quoi ! On est à l’abris de rien sur les imprimantes en kit ! 😛 Et si t’as pas envie de stocker ces pièces, profites-en pour refaire une imprimante 3D. Comme ça, en cas de soucis, il y en aura toujours une pour réparer l’autre !

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Et tout ça, tu nous garantis que ça marche ?

J’applique ces conseils depuis maintenant 3 mois. Une fois la machine bien réglée et testée, je n’ai eu que très peu de soucis. Une imprimante 3D en kit abordable, c’est l’avantage de rentrer dans le monde de la 3D en mettant la main dans le cambouis et de comprendre chacun des rouages de l’impression 3D. Mais c’est aussi l’inconvénient d’un entretien courant, de pièces ratées au début et d’un long apprentissage. Et c’est cet apprentissage que je vais tenter de retranscrire au plus simple au travers des mes futurs articles… Quoi de mieux pour rentrer ensemble dans le monde passionnant de l’impression 3D ? 🙂

Ma Dagoma DiscoEasy 200 en action !

Ma Dagoma DiscoEasy 200 en action !

Benoît J.

Crédit photographique : Yoan Carle, Dagoma, Creative Tools et moi-même.
Photos sous licence CC BY 2.0 (Creative Commons).

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